
À écouter Les feux d’artifice - Calogero |
La fête a déjà commencé.
Les jeux de l'après-midi, les déguisements improbables, les lampions un peu de travers.
Les tables qui se remplissent peu à peu,
les voix qui s'entremêlent,
les enfants qui courent encore ; jamais très loin.
Rien de parfaitement organisé.
Puis vient ce rendez-vous de juillet, avec la nuit.
Il faut bien l'admettre : il ne fait pas toujours l'unanimité.
Le bruit, la foule, l'attente, les regards levés trop longtemps, les nuques qui tirent.
Et malgré cela, nous sommes au rendez-vous.
Pour cette tension légère qui traverse l'air, presque imperceptible.
Pour ce silence qui précède le premier départ.
Pour ces éclats qui redessinent le ciel quelques secondes à peine.
Pour ce bruit qui enveloppe, insiste, sature l'espace.
Pour ces couleurs, trop vives, qui débordent du regard.
Et même lorsque tout s'éteint,
pour cette trace qui persiste encore ; brève, instable.
C'est fou comme quelques éléments chimiques peuvent embraser le ciel de toutes ces couleurs.
Et même si leur secret est connu depuis longtemps, nous continuons simplement à lever les yeux.
Et pourtant, notre souvenir n'a pas la couleur du ciel.
Ce qui persiste n'a ni contours nets, ni couleurs fidèles.
Seulement ce qui l'entourait.
L'attente.
Le désordre.
Les voix mêlées.
Un moment partagé.
Certaines lumières ne durent qu'un instant.
Et pourtant, elles nous habitent longtemps.
Comme si l'essentiel ne s'était jamais joué dans le ciel.
C'est aussi là que commence le travail de l'éclairage.
Non pas faire durer. Mais faire apparaître.
Non pas figer. Mais accompagner.
Composer avec ce qui va disparaître.
Comme cette lettre.
Elle ne laisse rien de concret.
Seulement ce qui, comme un écho, demeure en nous.
Alors oui,
nous y étions.
Et vous ?
Si vous avez des photos de ces instants, n'hésitez pas à nous les partager.
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