L’allumeur de réverbères
23 juin 2026

AG de l’AFE : célébrer, remercier, transmettre.

Il faisait près de 40°C à Paris ce mardi 23 juin. Une chaleur écrasante qui n'a pourtant pas découragé la cinquantaine de membres de l'Association française de l'éclairage venus assister à l'assemblée générale 2026.

L'occasion, d'abord, de revenir sur une année 2025 particulièrement dynamique pour l'AFE. Parmi les temps forts de 2025 figure notamment le succès des Journées nationales de la lumière de Paris, qui ont confirmé la capacité de l’association à fédérer les acteurs de l’éclairage autour des grands enjeux du secteur.

L'association continue de faire vivre son rôle de référence auprès des professionnels de l'éclairage, tout en restant fidèle à ce qui fait sa force depuis toujours : le partage des connaissances et la rencontre entre les différentes composantes de la filière.

Puis, deux nouvelles administratrices ont rejoint le conseil d’administration : Marie-Christine Dheur, du Laboratoire national de métrologie et d’essais (LNE), et Éléonore Pic, responsable d’études Innovation chez Essilor, ingénieure biomédicale et spécialiste en optique.

Marie-Christine Dheur
Éléonore Pic

Enfin, Christophe Martinsons, président de CIE-France, a présenté le rapport d'activité de la Commission. Avec une certaine fierté, il est revenu sur le travail mené, soulignant la richesse d'un groupe où se côtoient des profils et des compétences très variés. Conférences, publications, animation de la communauté des adhérents, représentation française au sein de la CIE internationale ou encore actions menées aux côtés de l'AFE : autant d'initiatives qui témoignent du dynamisme de la structure.

Présentation du rapport d'activité de CIE-France par Christophe Martinsons, son président
Une association qui fait grandir ses membres

Comme chaque année, l'assemblée générale a été l'occasion de remettre les médailles Augustin Fresnel, qui récompensent celles et ceux qui contribuent au rayonnement de l'association.

Le conseil d’administration a décidé de remettre cette médaille cette année à : Jean-Pierre Cardia, Ludovic Girard, Florian Greffier, Laurent Jouannet, Richard Noël, Aurélien Rodon, Agnès Tilly, Teddy Tisba, Jean-Marc Vogel

Au-delà des distinctions elles-mêmes, ce sont surtout les témoignages des récipiendaires qui ont marqué l'auditoire. Avec beaucoup d'humilité, Noël Richard a rappelé que « l'on ne fait pas des sciences pour des médailles ». Agnès Tilly, fidèle à sa discrétion, a confié avec un sourire : « Même si je travaille dans la lumière, je préfère l'ombre. »

D'autres ont évoqué leur parcours au sein de l'AFE. « Merci de m'avoir accueilli alors que j'étais tout jeune », a lancé Ludovic Girard, rappelant l'importance de la transmission entre générations, dans un discours de remerciement mêlant parcours professionnel et hommage à son grand-père. Laurent Jouannet a, lui, raconté avec enthousiasme un destin qu'il n'aurait jamais imaginé : « Je n'aurais jamais pensé un jour être formateur à l'AFE. Et maintenant je m'éclate. »

Teddy Tisba, lui, a peut-être trouvé les mots qui résument le mieux ce que représente l'association pour beaucoup de ses membres : « J'ai découvert un écosystème rempli de gens passionnés. On apprend tous les jours dans ce domaine-là. C'est une aventure collective vraiment passionnante. »

Des phrases simples mais sincères, qui dessinent le portrait d'une communauté où l'on vient pour la lumière, mais où l'on reste souvent pour les rencontres.

Cinq médailles ont été remises lors de cette assemblée générale. Les trois autres récipiendaires, Jean-Pierre Cardia, Florian Greffier et Jean-Marc Vogel, recevront leur distinction lors de prochaines manifestations de l'AFE à Paris ou dans leurs centres régionaux respectifs.

Teddy Tisba, Laurent Jouannet, Agnès Tilly, Gaël Obein, Ludovic Girard, Noël Richard
Romain Sordello et Gaël Obein
Quand biodiversité et éclairage avancent ensemble

Le prix Alfred Monnier a, quant à lui, été décerné à Romain Sordello.

Un choix qui aurait pu surprendre il y a quelques années. Écologue, spécialiste de la défense de la biodiversité, il a consacré une grande partie de ses travaux à l'étude de la faune nocturne et à la recherche de solutions permettant de mieux concilier éclairage et préservation du vivant.

L'intéressé ne s'en cache pas : lorsqu'il a appris la nouvelle, sa première réaction a été teintée d'étonnement. « Quand j'ai reçu le mail de Gaël pour m'indiquer que j'allais recevoir ce prix, j'ai un peu tiqué. Je me suis dit : "Ah bon ?" »

Avant d'ajouter, sous les rires de la salle : « C'est très gratifiant pour moi de récompenser un écologue qui a passé quinze ans à "attaquer" votre métier. »

Derrière la formule, il y a surtout l'histoire d'un dialogue construit au fil du temps. Romain Sordello a souligné combien les échanges avec l'AFE avaient souvent été ouverts et constructifs. Un travail commun dont il se dit fier aujourd'hui, convaincu que les progrès passent avant tout par la compréhension mutuelle et la recherche de solutions partagées.

Le moment le plus émouvant de la journée

Mais le temps fort de cette AG restera également dans les mémoires comme celle du départ de Gaël Obein de la présidence de l’AFE.

Après sept années de mandat, Gaël Obein a livré un discours à son image : sincère, drôle, passionné et profondément humain.

Chercheur de profession, il s'est souvenu avec amusement du jour où on lui avait proposé de rejoindre le bureau de l’AFE: « Je ne savais même pas pourquoi. Au final, c'était pour être président. »

Gaël Obein

Au-delà des responsabilités, c’est surtout l’aventure humaine qu’il retient. Une association « hyper pointue », composée d’experts passionnés qui, selon ses propres mots, lui ont appris leur métier.

Il ajoute, non sans humour, « vous m’avez fait voyager : à trois éditions des JNL de l’AFE : Strasbourg, Orléans et Paris. Au ministère (NDLR : de l'écologie), à des réunions secrètes à Lyon », qui a déclenché un éclat de rire général.

Très ému au moment d’évoquer l’association, Gaël Obein a laissé apparaître toute l’affection qu’il lui porte : « J’adore cette association. Elle est puissante. » Une phrase prononcée avec difficulté, lui qui ne voulait pourtant pas céder à l’émotion.

Au moment de dresser le bilan de son mandat, il retient surtout d’avoir appris et grandi, en tant que personne et en tant que professionnel.

Et il s’est réjoui d’avoir contribué à constituer un bureau et un conseil d’administration aux profils variés, et d’avoir diversifié les âges, les genres et les domaines d’expertise.  

Huguette Annas, première présidente de l’AFE

Le relais a ensuite été officiellement transmis à Huguette Annas, élue présidente pour les trois prochaines années.

Une élection particulière puisqu'elle devient la première femme à présider l'Association française de l'éclairage.

Huguette Annas

Après une entrée remarquée sur scène, elle a tenu à remercier chaleureusement les adhérents : « Je vous remercie tous de me faire confiance dans cette nouvelle aventure qu’on va vivre ensemble. »

Membre de l’AFE depuis près de trente ans, elle a rappelé combien elle demeurait « émerveillée de voir tout ce qu’on peut faire pour faire avancer l’association ».

Son discours, à la fois ambitieux et enthousiaste, a esquissé les contours de la feuille de route à venir. « On a des enjeux, des challenges à relever », a-t-elle souligné, avant d’affirmer sa volonté de construire collectivement l’avenir de l’association : « Je suis architecte de formation : j’aime construire avec tout le monde. »

Pour elle, l'AFE doit rester « utile, innovante et joyeuse », un lieu où les idées se rencontrent et où les projets prennent forme. « L'association est un incubateur de supers projets », a-t-elle résumé.

Et parce qu'une prise de fonction ne serait pas tout à fait réussie sans une pointe d'humour, elle a lancé à l'assemblée : « J'espère que je serai la Beyoncé de l'AFE », provoquant sourires et applaudissements.

Une formule légère qui traduit finalement assez bien son ambition : poursuivre la dynamique engagée tout en apportant sa propre énergie, afin de continuer à inventer, selon ses mots, « des plates-formes de bonheur de la lumière ».

Regarder le chemin parcouru… et celui qui reste à parcourir

La journée s'est conclue avec une intervention de Romain Sordello revenant sur quinze années de travaux consacrés aux liens entre éclairage et biodiversité.

Une rétrospective qui a permis de mesurer le chemin parcouru, mais aussi de rappeler l'importance du travail collectif à poursuivre pour répondre aux enjeux environnementaux, techniques et sociétaux qui attendent la filière.

Une conclusion qui résume finalement assez bien l'esprit de cette assemblée générale : célébrer les réussites, remercier celles et ceux qui s'engagent, transmettre le relais et continuer, ensemble, à faire avancer la lumière.

Intervention de Romain Sordello
LoadingAjouter à mes documents favoris
AFE
AFE
Adhérer