Adaptabilité et personnalisation de l’éclairage : les enjeux de la vision à chaque âge

Si la lumière est indispensable à l’homme pour sa vision, elle est aussi vitale pour son bien-être et sa santé. C’est pourquoi, l’éclairage doit être adapté à chacun et à tout âge.

Pour la santé et le bien-être de tous, l’éclairage doit être adapté :

  • aux fonctions physiologiques de la vision,
  • aux activités et tâches à accomplir,
  • aux exigences ergonomiques et environnementales (performance au travail et efficacité énergétique),
  • aux dimensions psychologiques et sociales de bien-être et de perception du cadre de vie.

Si la normalisation et la réglementation apportent des solutions pour deux de ces points, la recherche nous apporte tous les jours de nouvelles connaissances sur l’œil et la fonction visuelle. La vision de l’être humain est une vision diurne. Notre œil n’est pas fait pour la vision de nuit. Nous pouvons, tout au plus nous adapter à une très faible luminosité, pour une courte période et à condition d’avoir un parcours dépourvu d’obstacles et que notre vision soit parfaite.

On n’éclaire pas une école comme on éclairage une maison de retraite. On connait aujourd’hui l’importance de la qualité de l’éclairage pour tous et plus spécifiquement pour les personnes fragiles : les enfants et les personnes âgées.

Enfance

80 % des informations liées à l’apprentissage passent par la vue. 30 % des cas d’échecs scolaires dans l’enseignement primaire seraient dus à une détection tardive d’un problème de vue, comme par exemple la myopie.

Les tâches visuelles sont très variées et parfois très denses

L’élève doit être capable de lire les informations figurant sur un tableau, situé le plus souvent à une distance éloignée du dernier rang. Il est aussi indispensable qu’il puisse distinguer les détails d’une carte, d’un objet ainsi que les graphiques et les images structurés sur un écran de visualisation. La vision de près est aussi très sollicitée par la lecture, l’écriture, le dessin et divers exercices manuels. L’alternance fréquente et répétée de la vision de loin et de près, qui sollicite l’accommodation, accompagne souvent les exercices d’écriture. Les capacités visuelles reposent sur plusieurs fonctions dont l’efficacité varie avec l’âge de l’élève mais aussi avec l’éclairage dont il dispose.

Les conséquences d’un éclairage scolaire insuffisant

Un éclairage des locaux scolaires mal adapté, avec des niveaux d’éclairement insuffisants, et/ou présentant des éblouissements, est souvent la cause de fatigue visuelle, de maux de tête et de mauvaises postures.
Mais il peut aussi avoir une incidence défavorable sur l’activité scolaire de par la difficulté de prise des informations entraînant une baisse de l’intérêt de l’élève et donc une diminution de la concentration.

L’éclairage des locaux scolaires mérite un traitement ergonomique adapté aux lieux, pour que les élèves bénéficient de niveaux lumineux suffisants par un éclairement permanent et aussi homogène que possible.

Complémentaire à la lumière naturelle dont l’apport doit être maîtrisé, l’éclairage artificiel doit être le produit d’un projet pensé par des professionnels face à un enjeu de taille : l’avenir des enfants.

(extrait de la fiche 20 du guide AFE « éclairage dans les collectivités »)

Augmentation de la myopie 

Selon le baromètre 2017 de la santé visuelle réalisé par Opinion Way pour l’AsnaV, les problèmes de vue sont en augmentation chez les 16 – 24 ans. Fatigue visuelle et vision de loin (myopie) constituent les troubles les plus fréquents. À noter que les ophtalmologistes tirent la sonnette d’alarme quant à l’augmentation de la myopie chez les jeunes : 1 jeune sur 4 serait touché en 2015 en France dans la tranche de 16 à 24 ans en France.

1 personne sur 2 devrait être myope en 2050. 285 millions de personnes souffrent de déficience visuelle dans le monde selon l’Organisation mondiale de la santé. Personnes âgées et enfants sont particulièrement concernés. 65 % des personnes âgées présentent une déficience visuelle et 19 millions d’enfants sont concernés dans le monde.
En France, 3 % de la population est atteinte, dont 60 % ont plus de 60 ans. Des chiffres qui vont vite augmenter, puisqu’1 personne sur 3 aura plus de 60 ans en 2035 selon l’INSEE, portant à près de 3 millions le nombre de déficients visuels. Ces personnes ne peuvent effectuer les tâches quotidiennes sans être aidées, notamment par un éclairage spécifique.

Les personnes âgées / dépendantes : nouvelles pratiques de l’éclairage relatives au vieillissement 

En 2016, les EHPAD accueillaient plus de 600 000 personnes en France. D’ici 2040, on devrait compter entre 1,7 et 2,2 millions de personnes âgées dépendantes. Ces patients, qu’ils soient dépendants ou autonomes, ont une relation spécifique à la lumière et à la couleur, de par le vieillissement de leur système visuel.

Les opportunités d’amélioration des conditions de vie sont aujourd’hui offertes par les nouvelles pratiques d’éclairage, dans le monde de la santé, de l’accompagnement des personnes en état de faiblesse, mais aussi dans le monde du travail, en somme dans la vie quotidienne.

Ces nouvelles connaissances, mises à profit en milieux recevant des personnes âgées, se traduisent par une utilisation bien particulière de l’éclairage artificiel mais aussi le plus possible de la lumière naturelle. Leurs mérites s’étendent aujourd’hui au-delà de la question du sommeil jusqu’à l’assistance envers les patients souffrant de la pathologie Alzheimer.

Recommandations 

Pour répondre à ces enjeux, l’AFE a édité, fin 2017 des Recommandations relatives à l’éclairage des lieux de soins et d’accompagnement des personnes âgées autonomes et dépendantes (maladies dégénératives et Alzheimer). Cet ouvrage en reprend les principes de base dans les différents espaces composant un établissement recevant des personnes âgées. Ils sont destinés, en fonction des contraintes visuelles spécifiques au vieillissement, à être appliqués à la mise en œuvre de tous les principes d’éclairages usuels, par l’intermédiaire de l’ensemble des corps éclairant utilisés dans ces établissements.

Pour la première fois, un document propose une approche inédite de la lumière et de la couleur permettant d’améliorer les conditions d’accueil et de prise en charge des personnes âgées. Cette approche permet de garantir la sécurité des patients, de participer à leur santé en contribuant à leur rythme biologique et de participer à leur bien-être psychologique, réduisant ainsi les prises médicamenteuses.

Ce document est en vente auprès de la société Lux : lux-editions.fr  ou cliquez directement ici 

Pour consulter les fiches AFE Eclairage dans les collectivités : cliquez ici